La famille Roques, célèbres astronomes héraultais
PMDB de début septembre 2026
La famille Roques, des astronomes amateurs dans l’Hérault
Si l’histoire de l’astronomie est documentée par les archives prestigieuses de grandes familles comme les Cassini ou les Herschel, elle laisse souvent dans l’ombre les acteurs plus discrets qui ont pourtant scruté le ciel avec la même ferveur. La famille Roques en offre un témoignage rare.
Sur deux générations, ces agriculteurs du Languedoc se sont adonnés à la pratique intensive de l’astronomie populaire et ont laissé une documentation très riche dans les archives départementales de l’Hérault. En les parcourant, elles racontent le quotidien d’une passion transmise dans l’intimité d’un foyer.
Chez les Roques, les journées sont rythmées par le travail agricole et les nuits au cours desquelles ils observent le ciel. Bien que d’un niveau d’études limité par rapport aux astronomes célèbres, Charles Roques et ses fils Elisée et Jean-Marie vont démontrer, dès les années 40, un engagement sans faille dans une discipline extrêmement exigeante et devenir de brillants techniciens astronomes.
De Candillargues au coronographe : une passion en famille
Cette histoire débute en 1926 quand Charles Roques s’installe à Candillargues, village viticole du littoral montpelliérain. Passionné par l’observation du ciel de par ses fonctions météorologiques, il approfondira ses connaissances astronomiques et y associera ses deux fils Elisée et Jean-Marie.
Le journal familial s’ouvre par le récit de l’observation partielle de la Lune du 15 août 1943. Les annotations et les dessins sont très précis et révèlent un sens scientifique certain. Il leur faudra attendre 1946 pour acquérir enfin un véritable instrument astronomique : une lunette de 108 mm de diamètre avec laquelle ils effectuent leurs premières observations sérieuses. Grâce à la société Flammarion, les Roques entrent en contact avec un réseau d’amateurs avancés et de professionnels qui vont contribuer à leur formation scientifique.
Leurs travaux sur le cirque lunaire Atlas et les suivants sur la comète Mrkos, leur assurent une certaine renommée sur le plan scientifique et quelques articles élogieux dans la nouvelle revue Astronomie dirigée par l’épouse de Camille Flammarion. Dès les années 1959, les Roques découvrent l’observation solaire qui les marque durablement. Avec l’aide de l’astronome amateur Jean Ferré, ils se lancent dans la construction d’un coronographe qui occulte la photosphère solaire pour ne laisser apparaître que la couronne autrement masquée par la lumière intense du Soleil. Ils réalisent ainsi une sorte d’éclipse de Soleil artificielle.
Le travail de Jean-Marie Roques est par ailleurs distingué par la Société Astronomique de France à deux reprises : en juin 1969 par le prix Viennet-Damien et en 1983 par le prix Henri-Rey. Il meurt à Montpellier en 2004 alors que son frère était décédé trois ans plus tôt.
Bonne lecture
Bob
